Ecosystème des logiciels libres
vendredi 29 avril 2005, par Patrice Legoux
Le concept d’écosystème de logiciel libre est il la réponse aux interrogations de fond que je me pose pour accepter de les utiliser en production ? Ce concept permet il d’en déduire des outils pour des usages au quotidien ? ! ?
Je prends la plume suite à l’article « Mais où va l’open source ? » de ZDNet.fr [1] qui pose les questions qui m’animent autour des logiciels libres et m’empêchent d’être serein à l’idée de leur usage quotidien en production : « Le mouvement des logiciels libres continue d’interpeller, voire d’inquiéter dans sa mise en œuvre. Quelle est la pérennité de la solution open source pressentie ? Sur quels partenaires m’appuyer quant à sa mise en œuvre ? Qui va m’assurer le support et les corrections d’anomalies en cas de difficultés ? Quelle est la politique d’évolution associée à ces logiciels ("roadmap") ? Comment connaître ou évaluer l’impact de nouvelles versions sur mon organisation et comment continuer à bénéficier d’un support sur les versions n-1, sont autant d’interrogations de fond au cœur des préoccupations ». Tous ces fonctionnements remis en question par les logiciels libres sont justement ceux sur lesquels j’appuie mes processus ou mon fonctionnement personnel, travaillant en relation directe avec une production informatique ! Que de questions bien peu engageantes lorsqu’elles restent sans réponse !
Mais, en réaction à cet article, F.Letellier laisse un commentaire indiquant que « La dynamique économique et certains modèles d’affaires de l’open-source ont été présentés lors de la conférence annuelle d’ObjectWeb » et il ajoute deux liens vers ses articles : le premier vers « Le logiciel libre selon ObjectWeb : une logique d’écosystème » sur le Journal Du Net et le second vers sa présentation « ObjectWeb : a Business Ecosystem » pour ObjectWeb.
L’écosystème : serait-ce la réponse conceptuelle à mes questions ? La pierre de Rosette qui me permettrait de progresser dans l’utilisation des logiciels libres ? Je les utilise tous les jours dans ma vie privée par contre je ne sais toujours pas quoi en faire au travail ! ? !
Le concept sous-jacent : Le libre n’est pas un produit mais un processus.
Qu’il s’agisse d’un processus (cf. le schéma « Rationalze OSS Developement » de la présentation de l’ObjectWeb) colle assez bien avec le concept d’écosystème qui se maintient en vie grace à ce processus qui l’alimente : le développement, basé sur la réutilisation des sources, puis le support, les évolutions, etc... peuvent se produire grâce aux opportunités techniques et aux besoins clients internes à l’écosystème. La complémentarité des uns et des autres fait que le modèle s’auto entretient et s’auto alimente... Jusqu’à ce qu’il meure un jour comme tout organisme !
Des outils pour des usages au quotidien ?
Peut être le concept d’écosystème de logiciels libres est il une réponse à mes questions mais je subodore qu’il ne l’est pas tout seul ; il doit falloir lui adjoindre, comme pour tout organisme vivant pouvant mourir un jour et duquel moi ou mon travail dépendent, un mécanisme qui le surveille afin de savoir s’il est en forme et apte à fournir ce dont j’ai besoin ou à l’inverse, s’il est dans un état qu’il faut fuir au plus vite, ou bien dans un état intermédiaires et pour lequel il me faut agir. En tant qu’utilisateur de logiciels libres je fais partie de cet organisme, cet écosystème qui m’inclut moi client, mais je peux choisir d’en habiter un autre si je me rend compte que celui auquel je participe devient particulièrement défaillant.
Pour conclure, peut être que ce concept est celui qui me manquait pour donner du sens à mon action parmi celles du business model du logiciel libre. Je comprends le rôle que j’y joue mais je n’en ai pas encore toutes les clés. Il faut y adjoindre un observatoire qui surveille l’état de l’écosystème afin de conserver la prévoyance nécessaire à mon activité, et par là mes capacités à changer de cap - ou d’écosystème hôte - en cas de nécessité. Il doit falloir aussi connaître le mécanisme de gouvernance de l’écosystème [2] afin d’en être partie prenante et de participer ainsi à la vie active de l’écosystème. Le pré requis ultime étant de connaître la constitution -fluctuante dans le temps- de l’écosystème lui-même. Enfin, comme il s’agit toutefois d’un modèle parmi d’autres, il faut sûrement veiller que chaque logiciel libre participe à ce modèle-ci où alors déterminer quel est le leur.
[1] Trackback : http://www.zdnet.fr/actualites/trac...
[2] F.Letellier m’a contacté depuis la rédaction de cet article pour me signaler qu’un écosystème de ce type n’est pas gouverné et n’a donc pas de mécanisme de gouvernance, par contre l’idée d’observatoire est à conserver
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