Technologie Un ascenseur pour l’espace
lundi 28 juin 2004, par Patrice Legoux
Un seul étage mais de taille : 100.000 km ! Un seul cable, de quelques microns, des tonnes transportées chaque jour et tout cela dans une quinzaine d’année seulement. La fiction devient encore réalité.
La genèse
« L’ascenseur spatial est un autre exemple de technologie évoquée dans la littérature d’anticipation, cite David Raitt. Tout d’abord proposé en 1895 par un savant russe, le principe a été repris quelque soixante ans plus tard par un autre savant soviétique. Etudié plus avant en 1970 par un physicien américain, il est devenu le sujet d’un roman de science-fiction en 1979 sous la plume de l’écrivain Arthur C. Clarke. » [1] Cet extrait est tiré d’un article de Libération [2] sur la Science-Fiction et l’espace !
Le savant russe de 1895 c’était Konstantin Tsiolkovsky [3]. Il fut inspiré par la tour Eiffel. Il imagina alors un chateau celeste, tour de 35.800 km de haut ! On peut en voir une illustration sur une page du site de la NASA.
Le second savant russe, Yuri N. Artsutanov, imagina en 1957 qu’un satellite géostationaire pourrait être la clé du concept. Il servirait alors de base dans l’espace au cable descendant sur terre. Il publia son idée dans la Pravda en 1960. [3]
Le concept devient réalité grâce aux nanotechnologies
 L’ascenseur spatial en action, vu par la Nasa.
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Sur la base de ces récits de Science-Fiction, le concept actuellement développé, par exemple par la NASA comme l’indique un article d’il y a deux ans ou à la troisième conférence internationale annuelle sur l’ascenseur spatial, est basé sur une technologie, une nanotechnologie plus exactement : les nanotubes en carbone. Seule technologie actuelle (presque) à même d’implémenter le concept. « Bradley Edwards [4] veut envoyer un homme dans l’espace par l’ascenseur. Il estime que son câble en nanotubes de carbone, qui s’élèverait à quelque 100.000km au-dessus de la Terre, pourrait être prêt à fonctionner d’ici 15 ans. » C’est en tout cas ce que nous dit Carl Hartman dans un article de publié sur Yahoo ou dans le Nouvel Obs.
 Nanotube de carbone
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Le plus génial, c’est que toute la technologie existe, il n’y a rien a inventer. En tout cas en terme de technologie car d’un point de vue politique, c’est un tout autre sujet.
Quels pays peuvent utiliser l’ascenseur ? Qui décide ?
Le problème n’est pas tant technologique que politique pour construire l’ascenseur spatial.
Les technologies : les nanotubes et les satellites existent. Pour les premiers, ils faut certes développer encore les moyens de production. Ils permettent actuellement de fournir de l’ordre quelques centimètres de nanotubes alors qu’un tel projet en nécessiterait des milliers de kilomètres. C’est l’affaire de quelques années pour passer à ce stade industriel - deux ou trois (http://www.futura-sciences.com/sinf...). En effet, il n’y a pas que la seule industrie spatiale qui pourrait trouver intéret au développement des nonotubes facilitant ainsi l’accès à ces technologies au projet d’ascenseur spatial. Brad Edwards, d’après un article de 2002 dans Canoë, indique « que la technologie pour développer le câble de carbone pourrait avoir des retombées sur Terre, notamment pour la construction de carrosseries automobiles plus solides et plus légères. » Cet interet croisé de l’accès à cette technologie permettrait au projet d’être finalisé dans une quinzaine d’années.
Wikipédia fait en effet remarquer que, vue le prix d’un tel équipement, estimé à 5 milliard de dollars ou un peu moins en euros actuellement ; 4,2 milliard (ce qui est realativement peu en comparaison d’autres projets spaciaux - la station internationale coute par exemple 60 milliard de dollars), il ne peut s’agir que d’un projet mené par un et plus certainement plusieurs états. Il faudrait alors déterminer qui peut utiliser l’ascenseur, comment le protéger d’éventuels attentats. Serait il vouè à des fins militaires ?
Des sociétés privées comme Liftport Group vantent en tout cas le projet et sont prètes à être les premiers concessionnaires pour les futurs transports, notamment de marchandises telles que celles fabriquées dans l’espace. Il est évoqué un cout de cent euros le kilogramme transporté avec un ascenseur qui sera en mesure, à terme, de transporter jusqu’à 12 ou 13 tonnes par voyage. Bien plus que les actuelles fusées ou navettes actuelles pour un coût bien moindre mais qui resteraient nécessaire aux militaires afin d’avoir plusieurs moyens d’envoyer des satellites ou des armes dans l’espace, si en cas de conflit, un enemi venait à détruire l’ascenseur.
En guise de conclusion, il est assez amusant de savoir que le leader mondial des ascenseurs "classiques", Otis, s’interesse de près au projet ! Peut être monteront nous un jour dans cet ascenseur comme dans n’importe quel autre.

[1] SF Reviews The Fountains Of Paradise by Arthur C. Clarke. http://www.sfreviews.com/docs/Arthu....
[2] L’article « L’espace explore la SF » de Libération n’est plus en ligne sur leur site, le lien est celui vers une copie. L’adresse originale de l’article de Libération est http://www.liberation.fr/page.php?A....
[3] Voir l’article Space elevator sur Wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/Space_....
[4] Le Dr. Bradley C. Edwards est le principal contact de la troisième conférence internationale annuelle sur l’ascenseur spatial.
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